Three the Hard Way – Scientist, Barnabas and Maxie (Silver Camel – 1981)

Attention, cultissime…Voici le premier LP sortie en 1981 sur le label Silver Camel, un sacré vivier pour toute une frange underground du reggae moderne (post 70’s) et un catalogue impressionnant de titres hallucinés et hallucinants. Mais j’aurai l’occasion de revenir sur ce label plus tard.

Cet album dub, enregistré, excusez du peu, à Studio One et au King Tubby’s studio, regroupe derrière les manettes deux ingénieurs du son de Channel One – Maximilian (ou Maxie) et Barnabas – ainsi que Scientist, l’élève surdoué de Tubby. Si vous ajoutez à cela un producteur qui a activement participé à l’émergence du son « dancehall » – Al Campbell -, vous avez un tableau qui commence à être sérieusement alléchant…

Mais ce n’est pas tout. A l’écoute de cette « dub conference » inédite, on est littéralement soufflé par la créativité et le génie des deux jeunes apprentis dub, Maxie et Barnabas, sur lesquels je n’aurais pas misé un kopec. Ils se surpassent et livrent même, sur certains titres, une véritable leçon de drum & bass, qui est pourtant la marque de fabrique du son Scientist.

Près de dix ans avant les balbutiements des membres de Massive Attack, on est là devant un album fondateur d’un son qui fournira les fondements de l’électro et du trip-hop. A écouter d’urgence pour ne pas oublier que la Jamaïque est le creuset des musiques urbaines actuelles.

Ghana Soundz (Soundway – 2002)

Première sortie d’un label anglais nouvellement créé (Soundway), « Ghana soundz » a tout pour attirer le regard dans les bacs. Une pochette incroyable mais également un sous titre alléchant : « ultra-rare and previously unreleased afro-beat, funk and fusion from 70’s Ghana ». Et là, on se met à rêver que, pourquoi pas, cette compilation de titres ghanéens des seventies exhumés par un jeune label anglais pourrait trancher un peu avec la médiocrité de certaines compilations afro-beat actuelles.

Eh bien oui. Et même plus encore, puisque sur les 14 titres réunis sur le CD, pas un seul n’est moyen, passable ou simplement « agréable à l’écoute ». Non, ce sont tous de purs condensés de rythmiques destructrices et de chants envoûtants. Vous n’avez jamais fréquenté un dancehall à Accra dans les 70’s ? Eh bien, écoutez ces titres, et vous jurerez que vous y êtes !

Car l’un des grands atouts de la compilation est de pouvoir proposer un son d’une qualité exceptionnelle. L’exploit est d’autant plus remarquable que Miles Cleret, l’anglais aux manettes de cette sélection, a sillonné le Ghana pendant près de deux ans pour retrouver des 45 tours et des LP dans d’antiques boutiques de disques. Je crois même qu’il a racheté les bandes d’un enregistrement introuvable dans le commerce, c’est dire si l’on peut parler de passion !

Cependant, après l’écoute de ces chansons, dont les titres resteront une énigme pour celui qui ne maîtrise pas bien encore le ghanéen (Hwehwe Mu Na Yi Wo Mpena), une question s’impose : pourquoi cette musique est-elle restée inaccessible pendant tant d’années ? Et, au-delà de ça, comment certains titres peuvent-ils paraître si modernes, alors qu’ils n’ont quasiment pas dépassé les frontières du pays ?


Bag-O-Wire (Klik Records – 1975)

Dans le genre « aucune infos sur un album », cet album dub de Klik Records fait très fort ! Quasiment aucune note de production, une couverture, une tracklist et c’est à peu près tout…

Produit en 1975 par Sydney Crookes, un ancien membre des Pioneers, ce LP serait une version dub de titres de Big Youth. Ce qui frappe en premier, c’est la qualité de la production : à un moment j’ai même cru que c’était une production récente, tellement le son était bon !

Ensuite, l’utilisation de l’harmonica et de la guitare lead introduit une couleur particulièrement intéressante à un genre, le dub, qui parfois peut passer pour un simple exercice technique sans valeur ajoutée musicale.

Enfin, on est pas plus avancés sur l’origine de ces productions…Mais est-ce vraiment important de retracer exactement l’origine d’un album quand celui-ci est si bon ?

NASA Voyager Recordings : Symphonies of the planet

Voilà des enregistrements à la limite de la science, de la musique et…d’autre chose !

Collectés entre 1969 et 1989 par la sonde Voyager, ces enregistrements ont été commercialisés par la NASA dans un coffret 5 CD. Ils proviennent d’émissions électromagnétiques captées par la sonde aux alentours des planètes et satellites croisés sur son chemin.

Ce n’est donc pas une quelconque bizzarerie new age, mais bien le matériau qui a servi aux scientifiques de la NASA pour étudier tout un tas de phénomènes physiques. Le but premier n’était donc pas de commercialiser ces bandes, mais bon, faut bien financer le programme spatial…

Sachant cela, l’écoute de ces...sons (plus que « symphonies ») relève d’une expérience assez étonnante. Ca ne ravira pas vos amis en soirée, mais de temps à autre, ça permet de prendre un peu de recul, ou comme le dit le livret du coffret : « These recordings are the most unique approach to deep level relaxation and inner expansion through the use of sound in the world today ». Mouais…enfin de là à ce que les types de la NASA se mettent en position du lotus pour le lancement de Discovery, il ne faudrait pas exagérer !

Ecoute intéressante, et pourquoi pas future bande son de la suite de « 2001 Odyssée de l’espace » ?

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