Avant de prendre quelques semaines de vacances bien méritées en partant sous le soleil de Panama City (où je ne manquerai de fouiner pour trouver quelques perles musicales rares !), je vous laisse avec une sélection de titres spécialement adaptés à cette période estivale.

Des tempos langoureux, acidulés, fleuris, en passant du rock steady soyeux de Lloyd Clarke à la voix de velours du mythique Al Green. Mention spéciale pour le titre des River Banks, Summer is the Season, perle rare du label Horse, filiale de Trojan. Bref de quoi apprécier la joie des longues journées d’été, au bureau pour les courageux ou en vacances pour les chanceux…

On se retrouve fin août pour de nouvelles aventures. Bonnes vacances à tous, have fun and spread reggae music international !

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J’écoutais hier soir le nouvel album de Beck et j’ai été agréablement surpris par la qualité et la créativité de l’ensemble. J’ai toujours apprécié le côté décalé et en même profondément mélodique de cet artiste au talent prodigieux. Ce n’est qu’en me renseignant un peu que j’ai découvert qu’il avait choisi Dangermouse, le DJ alter ego de MF Doom dans le titanesque projet DangerDoom, pour produire son nouvel album. Un choix qui pourrait paraître étrange pour un musicien plus habitué à des producteurs rock (Nigel Godrich).

Une chanson démontre plus que toute autre que ce choix est définitivement le bon : Walls. Dès la première écoute de ce titre, mon oreille, un instant endormie, s’est tout de suite mise en alerte : ces cordes symphoniques, cette mélodie 70’s, mais bon sang je connais ça ! En quelques minutes, le sample original était retrouvé : il s’agit d’un titre de 1968 de Paul Piot et Paul Guiot, “Amour, Vacances et Baroque” exhumé en 2001 sur la fameuse compilation Barry 7’s Connectors.

Je suis tombé fou amoureux de ce titre le jour où je l’ai sélectionné pour apparaître dans le Chongamix #3 dédié aux weird grooves. Ces cordes, ce chant stratosphérique, ces cuivres, c’est tout bonnement irrésistible ! Ce n’est pas un hasard si ce titre apparaît sur un album de Beck : Dangermouse est un grand amateur et défricheur de library music (ces multitudes de bandes sons, parfois anonymes, composées pour illustrer des reportages TV, radio, des spots, des jingles…). Paul Guiot est ainsi, au même rang qu’André Popp, l’un des piliers de la library music française. Malheureusement, malgré une carrière aux côtés des plus grands (Beacud, John William, Maurice Vander, Manu Dibango, etc…), Paul Guiot est resté dans l’ombre d’un style méconnu et qui, pourtant a marqué l’inconscient collectif de toute une génération.

Merci à Beck et à Dangermouse de lui rendre un si bel hommage.

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Salut à tous : Chongastyle est de retour parmi vous après une période d’absence prolongée, travail oblige…Les chroniques reprennent donc, tout comme les Chongamixes et les 12 inch Sessions. Merci pour votre patience !

On reprend avec un artiste qui me tient particulièrement à coeur : Leonard Nimoy.

Leonard Nimoy, l’acteur qui incarna le Dr. Spock dans Star Trek, est aussi insaissable en vrai que son fameux personnage de fiction. Avec près d’une quinzaine d’albums à son actif, la plupart regroupant des reprises de hits pop, doit-on conclure qu’il a essayé de capitaliser sur son personnage de Spock en multipliant les produits dérivés, ou alors qu’il dispose d’un vrai talent musical ?

A mon humble avis, même les titres figurant sur ses albums sont loin d’être créatifs, car la plupart sont des reprises de titres hyper connus et donc assurant des ventes garanties, ses interprétations et sa voix ample et grave donnent une saveur particulière et permettent de redécouvrir des chansons enfouies dans notre inconscient collectif.

Il faut également avouer que Leonard Nimoy a quand même bon goût dans le choix de ses reprises : les versions de Sunny de Bobby Hebb et de I Walk The Line de Johnny Cash sont époustouflantes.

Au-delà de ces reprises, Leonard Nimoy a malgré tout composé un titre original : The Sun Will Rise, qui dépote sacrément, avec ses choeurs féminins en extase, son breakbeat furieux et ses cuivres symphoniques. C’est majestueux, voire légèrement ampoulé sur les refrains (mais l’époque voulait ça), et ce titre aurait largement mérité d’apparaître sur une BO comme Hair : l’instrumentation semble d’ailleurs calée à certains moments sur des titres de Hair…Coïncidence ?

Trois titres en hommage à l’oeuvre de Leonard Nimoy, pour ne pas oublier que derrière le Dr. Spock se cachait un talentueux musicien :


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Dans la série des weird grooves improbables venus de pays lointains, je vous présente cette semaine le jazz roumain! Je dois vous avouer avant toute chose une passion toute particulière pour ce pays, depuis que deux amis, Alexandre et Ilinca, me l’ont fait découvrir il y a quelques années de cela. Je ne leur serai jamais assez reconnaissant de m’avoir présenté toutes les richesses et la culture de leur magnifique pays.

Car au-delà de tous les clichés éculés sur ce pays à l’histoire contemporaine mouvementée, il faut bien reconnaître que la grande majorité d’entre nous ne connaît quasiment rien à la scène musicale roumaine. Moi le premier ! Raison de plus donc de faire quelques recherches…

Je connaissais déjà un peu la scène jazz polonaise pour avoir fait une chronique sur ce blog il y a quelques mois, et j’ai eu l’occasion d’écouter plusieurs compilations de jazz-funk des ex pays de l’Est (notamment l’excellente Between or Beyond The Iron Curtain), et je dois avouer que je m’attendais à retrouver en Roumanie ce cocktail de base rythmique relativement classique et quelques notes d’appropriation culturelle locale qui viennent épicer l’ensemble.

Eh bien, j’ai carrément été bluffé. Car ce disque démontre une chose : que la capacité créatrice des jazzmen roumains des années 60 et 70 est quasiment illimitée. Si tous les titres ne se valent pas et si certains d’entre eux restent très calqués sur leurs modèles US, deux morceaux ont particulièrement retenus mon attention :

  • AURA URZICEANU - Nu-mi cere sa Cint : quelle voix et quel arrangement ! On dirait une voix yéyé mixée avec un orchestre samba, le tout produit en Roumanie ! Une vraie pépite groovy…

  • ORCHESTRA UNIVERSITATII DE JAZZ DIN ILLINOIS - Latino (Edit) : alors là, la claque…Ca part comme un morceau free jazz avec un sax venu du fond des âges, et ensuite arrive une contrebasse et des percussions latines, puis une montée tout en puissance avec des cordes et c’est reparti pour des rythmes latins. Tout bonnement incroyable. A découvrir d’urgence !

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Imaginez un pianiste né au Canada, compositeur de comédies musicales dont la célébrissime Hair, qui a fait des études de musique en Afrique du Sud, puis a fait de la musique africaine sa spécialité, et a réalisé parmi les bandes sons de films de blaxploitation les plus samplées par les artistes hip hop : voici un résumé (très) synthétique de la vie de Galt MacDermot.

Quel parcours, et quel héritage musical ! Des milliers d’heures d’enregistrement dans des styles aussi variés que le jazz, le funk, la soul, etc…qui ont durablement marqué l’histoire de la musique populaire contemporaine, à tel point que le rappeur Oh No a sorti en 2006 un disque entièrement basé sur des samples de Galt MacDermot : Exodus Into Unheard Rythms.

De ces milliers d’heures d’enregistrements, Mac Dermot a conservé quelques pépites : chutes de studio, versions alternatives, singles jamais sortis etc…Ces trésors sont sortis en 2003 sur son label Kilmarnock sous le titre Up From The Basement.

Voici quatre titres hallucinants de créativité et de modernité tirés de cet album :


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Salut à tous ! Chongastyle est de retour après quelques semaines off pour vous livrer une nouvelle édition des 12 inch sessions. Au menu cette fois-ci : du roots militant et combatif, avec trois versions extended de choix.

Vous pouvez télécharger la session en cliquant ICI.

  • SUGAR MINOTT - Rome (Black Roots - 1979) [00:00 > 06:23] : cette version 12 inch apparaît en face B d’un disque du label Black Roots, sorti en 1979. En face A, un titre de Devon Russell : Let Sleeping Dogs Lie. A noter que le titre de Minott a atteint la première place du chart UK des singles en novembre 1979.
  • SKULL & SOULSVILLE ALL STARS - Bondage Chains [06:23 > 11:49]: une vraie rareté, très peu d’info sur cette version 12 inch du Black Slavery Days des Skulls, sortie en 1976 sur un obscur label dénommé Hot Stuff (sic) et encore moins sur la composition des Soulsville All Stars, responsable d’une version dub fantomatique. L’original est tiré du magnifique album Black Slavery Days sorti en 1975 sur le label Clappers.
  • NATHAN SKIERS - Dem A Fight [11:49 > 17:46] : version 12 inch d’un titre extrait de l’unique album éponyme de Nathan Skyers, sorti en 1983 sur le label Mandingo. La version dub présente un jeu intéressant sur les percussions.

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Découverte du moment, la série des 13 compilations “Rare Funk” du label Cobalt Records est une vraie mine, même pour les pros du crate diggin’ et les collectionneurs de rare grooves.

Sortis entre 1993 et 2000, ces compilations couvrent tout le spectre du funk, débordant bien souvent sur des genres connexes, comme le reggae, la soul ou même le disco…Non, ne fuyez pas tout de suite ! Cette série a une véritable aura pour les passionnés car elle révèle des reprises rares, souvent inédites en compilations, de titres phares de la période bénie du funk, les 70’s.

Un disque a attiré tout de suite mon attention : le volume 11 dédiée intitulé “Creole Funk”. La couverture a déjà une sacrée tronche : ça donne envie de s’engager dans la guérilla urbaine…On y trouve un peu de tout : des morceaux funk classiques de bonne facture (Jon Lucien, Boris Gardiner), mais surtout des reprises originales.

Deux titres sont assez exceptionnels dans le genre :

  • RAY MUNNINGS - Funky Nassau : là aussi, une cover du célèbre single de The Beginning of The End, mais à la sauce disco cette fois-ci. Ca peut faire peur sur le papier, mais le résultat est vraiment réussi. Pour les fans, n’hésitez pas à consulter le précédent message que j’avais consacré à une reprise plus récente du titre.

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Si je devais résumer le rock steady en quelques mots, l’un des premiers noms qui me viendrait à l’esprit c’est Pama. Ce label anglais a littéralement inondé le marché local de productions rock steady entre 1967 et 1970 avec des artistes aussi prestigieux que Slim Smith, Derrick Morgan, Laurel Aitken, The Upsetters, et…The Mohawks ! Oui, vous avez bien lu : l’illustre album The Champ a été produit par le label Pama !

Mais la réputation de Pama tient beaucoup à ses compilations, dont beaucoup sont devenues cultes avec le temps : je pense notamment à Birth Control, qui, comme son nom l’indique posait la question de la contrôle des naissances avec un ton et un style un peu olé olé et ironique comme seul les Jamaïcains savent le faire (Ram You Hard, Bend Wood Dick, The Pill…). Je pense également à Boss Reggae où apparaît l’exceptionnel Poor Me Israelites de Winston Jarrett.

Rock Steady Cool est une compilation rock steady sortie en 1968, en pleine période de mutation musicale : le ska était dépassé et le reggae n’était pas encore apparu.

Comme toutes les périodes de changement, c’est le moment idéal pour découvrir de vraies perles et vous savez tous ma passion pour les raretés rock steady. En voici trois tirées de cette compilation méconnue :

  • RUDIES - Train To Vietnam : une étonnante reprise du Train To Skaville de The Ethiopians à la sauce Vietcong. Il n’y avait pas que les Américains qui manifestaient contre la guerre…


  • ALTON ELLIS - La La Means I Love You : on ne présente plus Alton Ellis, lover invétéré et chanteur d’une très grande classe. Il nous le prouve une nouvelle fois avec cette reprise originale du La La La Means I Love You des Delfonics.

  • FITZ & THE COOZERS - Cover Me : le must du must ! Un groupe inconnu (celui qui connait Fitz & The Coozers est un menteur ou un collectionneur fou furieux !), un titre love ambigu (Couvre moi ? Fais moi une reprise ?), et un son, un son, mes amis…


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Je télécharge régulièrement les excellents podcasts de Paris DJs, et je vous conseille d’aller faire un tour sur le site pour découvrir les centaines d’heures de mix proposées, car on y trouve de véritables pépites dénichées par leur équipe de choc.

C’est précisément dans l’un des derniers mixes (Grant Phabao & Djouls - Are Molesting Laura Vol.10) que je suis tombé par hasard sur une reprise du single d’Outkast “Hey Ya” par Wayne Marshall, l’un des deejay dancehall les plus en vue actuellement.

Ca donne une version…stupéfiante et terriblement entraînante : à écouter très fort pour se réveiller de bonne humeur le matin.

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Une fois n’est pas coutume, petit détour par l’actualité musicale récente. Mixeurs foutraques de funk, de punk, de hip hop, les Beastie Boys ont bercé les fêtes de notre adolescence où, nous mêmes jeunes blancs révoltés et en quête d’identité, nous nous reconnaissions dans ces jeunes cons qui rappaient leur bile prépubère sans qu’on leur demande quoi que ce soit.

On connaît la suite de l’histoire : business men avisés (ou moins avec l’expérience Grand Central), militants politiques pour la libération du Tibet, ces Boys n’ont eu de cesse de brouiller les pistes…quitte à lasser et à perdre de vue leurs fans. Je les avais moi-même laissés dans leur dernier voyage intergalactique, en train de se battre avec des monstres géants à la Godzilla.

A la sortie de leur nouvel album, je me suis quand même dit qu’il serait pas mal d’écouter un peu leurs dernières productions, un peu comme lorsque vous recevez une carte postale d’un ami de longue date que vous avez perdu de vue depuis un moment.

Je dois dire que j’ai été agréablement surpris de découvrir que ces Boys ne sont définitivement pas où on les attend : vous vous attendiez à une énième ressucée du Check Your Head ou de Ill Communication ? Eh bien vous avez tout faux…Ils nous refont le coup de l’album instrumental à la Paul’s Boutique ! Et quand les Beastie Boys décident de lâcher les micros, ils font parler les instruments et c’est à mon avis ce qui leur réussit le mieux.

Le résultat est à la hauteur de leur parcours musical : un condensé habile et groovy d’orgues funky, de riffs de guitares fuzzy et de beats  de batterie sauvages. Et grande nouveauté : là où on attend une qualité en dent de scie comme sur certains de leurs récents albums, ils nous livrent un assaut compact de titres d’excellente facture.

La bonne surprise de ce début d’année. Replongez dans vos souvenirs et n’oubliez pas : Fight For Your Right To Partyyyy !




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