Deuxième volet de mes récentes découvertes de vinyls avec cette fois-ci un focus sur l’Afrique et plus précisément deux disques que je ne suis pas mécontent d’avoir trouvé sur mon chemin. Deux disques, mais deux ambiances bien distinctes, l’une plus roots et traditionnelle, limite mystique, et l’autre festive et vibrante…

Welcome back to Chonga’s vault…

  • JOACHIM NGOI & LES TROUBADOURS DU ROI BAUDOIN - Missa Luba Face A : grosse claque dès la première écoute et l’impression très nette d’avoir découvert un joyau…Les Troubadours du Roi Baudoin, c’est une chorale de 45 jeunes congolais de 9 à 15 ans mené par le Père Guido Haazen au milieu des années 50. Leur originalité les conduisit à un succès international qui leur permit d’enregistrer plusieurs disques et de voir leurs compositions reprises par les plus grandes chorales au monde. Ce qui distingue cet enregistrement de toutes les autres chorales, c’est cette alchimie magique entre les tambours, le côté répétitif propre aux musiques ancestrales et l’élévation de l’âme générée par ses chants sacrés. Le Kyrie Eleison du début est de loin le titre le plus marquant qu’il m’ait été donné d’écouter ces derniers mois.

  • MASSAK - B.L.A. Part 2 : ce groupe afrobeat, fondé par Franck Biyong, artiste camerounais installé en France, est une vraie découverte pour moi. Je sentais que ce disque était récent, mais de là à imaginer qu’il date de 2003 ! Superbe titre qui montre la richesse des influences de Biyong : Miles Davis, Fela, Hendrix, Sun Ra, Burning Spear, etc…

Comments Un commentaire »

Voici mes dernières trouvailles en vinyls, après une virée la semaine dernière dans mon quartier préféré de Paris : le Quartier Latin.

Je suis tombé sur un beau filon de pépites en 45 tours. Je vous en livre ici une première partie consacrée aux rare grooves de France et d’ailleurs, avec une spéciale dédicace pour Neil Armstrong et Georges Pompidou…Vous comprendrez rapidement pourquoi !

Deuxième partie dans un prochain message, avec cette fois-ci l’Afrique à l’honneur.

Enjoy !

  • JUDDE HAMILTON - We Love You Mr. Pompidou : une pochette tricolore du meilleur effet, un nom inconnu, un titre comme celui-là et des paroles à la limite de la métaphysique, il ne m’en fallait pas plus pour que je me jette sur ce collector ! Je ne pourrai pas vous en dire beaucoup plus sur l’artiste, un anglais dont la carrière se résume à peu de choses près à ce seul 45t, qui visiblement a également fait l’objet d’une autre version par un certain Archibald.

  • PRINCE OF BADMINTON - Apollo : improbable 45t de pop française des 60’s qui démarre sur ce titre au beat accrocheur et dévoile une face B intitulée “Imagine le Gulfstream” composée par Eric Charden.

  • COSMOS 70 - Apollo 11 : un 45t promotionnel dans le cadre d’un jeu avec la marque de chaîne hi-fi Grundig : un terrain de chasse délirant pour les sampleurs…

  • COSMOS 70 - Phase 4 Grundig : “Si dans chaque homme il y a un astronaute qui sommeille, il y a également un mélomane qui s’ignore” Tout simplement énorme !!!

Comments Pas de commentaire »

Nouvel épisode des sessions 12 inch avec un programme chargé, plein d’échos et de basses bien ronflantes.

Aujourd’hui trois artistes pas forcément très connus, mais qui ont su révélé sur des versions “extended” toute l’essence de leur musique. Trois titres pour leur rendre hommage sur ce blog.

Vous pouvez télécharger la session en cliquant ICI.

  • EARL MOODY - Strange Things (Clocktower Records - 198x) [00:00 > 06:28]: très belle partie vocale qui se transforme en version dub de toute beauté, laissant en avant une partie de batterie très réussie, tout en roulement de caisse claire. A noter le solo à 5:40, assez rare dans une version dub.
  • JAH SHAKA - Revelation 18 (Jah Shaka Music - 1982) [06:28 > 12:50]: peut-être l’artiste le plus connu de cette sélection, mais dans une version assez rare, sortie initialement sur le label UK de l’artiste, puis rééditée récemment par Honest Jons Records. Belle partie de cuivres sur le dub, avec un solo de sax du plus bel effet vers 12 minutes.
  • DENNIS GARTH - Slow Coach + Stage Coach Rock (Sydna - 197x) [12:50 > 18:48] : magnifique titre, très “conscious reggae”, avec des paroles fortes : “The world is in a crisis, seek HIM humanity… Look into the Middle East there ain’t no sign of Peace”. Le riff de guitare est une vraie tuerie. Partie dub toute en écho, ça ne m’étonnerait pas qu’un Tubby ou un Scientist soit derrière la table de mix.

Comments Pas de commentaire »

Attention, disque culte de l’homme qui fonda dans les années 60 les célébrissimes Mohawks : Alan Hawkshaw!

Infatigable participant à de multiples sessions d’enregistrements (Mohawks, Hair, The Shadows,…), Hawkshaw est devenu maître dans l’art de l’orgue Hammond. Il a également travaillé avec Olivia Newton-John et Serge Gainsbourg comme directeur artistique et arrangeur. Il réalisa enfin un grand nombre de musiques de spots TV, ce qui contribua à faire de Hawkshaw LE pape de la library music.

Avec son comparse Alan Parker, lorsqu’ils avaient un peu de temps libre entre deux sessions d’enregistrements, ils…enregistraient encore de la musique ! En 1970, ils alignèrent le temps d’un mini session de travail la crème de la crème des instrumentistes de l’époque :

Clem Cattini - drums
John Edwards - trombone
Tony Fisher - trumpet
Herbie Flowers - bass
Ken Gouldie - trombone
Cliff Hardy - trombone
Bobby Haughey - trumpet
Alan Hawkshaw - keyboards
Alan Parker - guitar
Peter Lee Stirling - vocals
Derek Watkins - trumpet

Le résultat de cette session, c’est ce disque : Hungry Wolf. Edité à 100 exemplaires, ce disque est devenu depuis un collector recherché par tous les crate-diggers du monde. Grâce à une réédition coréenne (si, si…) en 2003, la qualité et l’originalité de cette session est maintenant disponible à tous.

Principalement instrumentale, la session mixe du jazz, de la pop, du psychédélique bref un condensé de rare grooves avec quelques parties vocales particulièrement réussies, notamment sur Revolution et Waiting For The Morning Sun.

Par contre, je vous rassure : le graphiste qui avait conçu la pochette du disque a été viré depuis !

Comments Un commentaire »

Après l’Iran, faites vos bagages : Chongastyle vous emmène de l’autre côté de l’Atlantique, au Pérou, à Lima plus précisément, pour y découvrir un des fleurons de la scène rock psychédélique des années 60-70 : Traffic Sound.

Composé en 1966 par d’anciens membres des deux plus importants groupes de la première vague rock péruvienne du début des années 60 : Los Hang Ten et Los Mads. Le nom de “Traffic Sound” vient d’un feu tricolore (traffic light) récupéré lors d’une virée nocturne agitée dans les rues de Lima, et qui trônait depuis dans le grenier où le groupe répétait.

Après plusieurs mois de répétitions et de prestations scéniques remarquées au Tiffany’s Club, l’un des hauts lieux de la culture rock péruvienne, ils sont repérés par le label MAG qui leur permet de produire leur premier album. Composés de reprises des Doors, de Cream et de Hendrix, cet album commence à laisser entrapercevoir des influences latino dans l’exécution des titres, ce qui deviendra ensuite la marque de fabrique du groupe.

Ils réalisent en 1969 leur album culte, Virgin, qui mêle influence anglaise et US (Pink Floyd, Led Zeppelin, Beatles…) en y ajoutant une touche latine qui fait la différence et surtout fait du groupe l’un des plus demandés sur scène dans tout le pays.

Au début des années 70, ils prennent un tournant plus politique et mettent clairement en avant leurs influences latines, contribuant à confirmer leur statut de groupe culte.

Après une série de concerts dantesques en 1971, ils décident contre toute attente d’arrêter le groupe, un seul de ses membres continuant une carrière musicale.

Ils se reformèrent en 1993 le temps d’un concert et de l’enregistrement de quelques rééditions de titres passés, afin de montrer à une nouvelle génération d’artistes et musiciens péruviens l’héritage culturel qu’ils leur avaient légué. Puis ils retournèrent tous à leurs occupations professionnelles, laissant planer autour du groupe une atmosphère d’inachevé, marque des plus grands groupes cultes.

A défaut de vous offrir le billet pour Lima, voici quelques titres sélectionnés parmi l’excellente compilation réalisée en 2005 par le label Vampisoul :

  • TRAFFIC SOUND - Marabunta : long titre cinématique de 10 minutes, où comment redécouvrir la cordillère des Andes sous acide…Le versant Pink Floyd des Traffic Sound, alternant flute andine et saxo free jazz du meilleur effet. Etonnant.
  • TRAFFIC SOUND - Meshhalina : le nom de la chanson est déjà tout un programme, ode à la mescaline, substance psychotrope qui a sûrement permis de composer Marabunta…Côté groove, le groupe mixe des guitares rock classique à quelques touches latines qui apportent un vrai plus : quelques notes de piano, un chant ensoleillé (ya ya ya…), une trompette perdue entre deux riffs, etc…
  • TRAFFIC SOUND - Shy Pilot : si les Beatles avaient enregistré “Strawberryfields forever” à Lima, cela aurait sûrement donné cela. Ca part en tube pop, et à 3 minutes, le titre bifurque vers un interlude psychédélique, pour mieux repartir en pop, puis finir en a cappela mystique…Les montagnes russes version péruvienne.
Si vous souhaitez aller plus loin et découvrir l’histoire du rock au Pérou, je vous conseille ce documentaire, disponible sur YouTube. La deuxième partie est disponible ici.

Comments Pas de commentaire »