Vous n’avez certainement pas échappé à la version déjantée du Django de Quentin Tarantino en 2012. Vous avez peut-être découvert à cette occasion que le film original a été réalisé par Sergio Corbucci en 1966, avec l’interprétation grandiose de Franco Nero, qui joue d’ailleurs un petit rôle dans le film de Tarantino.

Cet hommage au western spaghetti, forme renouvelée et plus ambivalente du western traditionnel, où les méchants peuvent avoir peur et où les justes peuvent s’adonner à des accès terribles de violence, est une excellente occasion de se replonger dans la bande son de ces films.

La musique est l’élément clé du western spaghetti. Alors qu’elle jouait un rôle relativement mineur à l’époque classique du western des grands studios hollywoodiens, elle prend une tournure cruciale dans les années 60.

Grâce à Sergio Leone et son habituel comparse Ennio Morricone, les codes de ce nouveau genre seront rapidement fixés. De nombreux compositeurs se jettent sur le filon, avec de belles réussites notamment Luis Enriquez Bacalov (Django, Il Grande Duello), Francesco De Masi et Armando Trovajoli pour ne citer qu’eux.

Paradoxalement, en mettant de côté la réussite incontestable du duo Leone-Morricone, si la réussite fut loin d’être au rendez-vous de la grande majorité de ces compositeurs, leur héritage a largement survécu aux films, preuve en est le film de Tarantino qui est un hommage autant visuel que sonore.

A ce titre, il est intéressant de noter la connexion qui s’est créée à l’époque entre la scène reggae jamaïcaine et les films de western spaghetti. Violents, amoraux et dominés par des caricatures manichéennes du bien et du mal, ces films trouvèrent rapidement un succès populaire dans l’île. De multiples artistes, comme Lee Perry, les Crystalites ou Lloyd Charmer, ont essayé de profiter du filon en produisant des titres au clin d’oeil appuyé au genre, voire en prenant un nom de scène directement copié sur le nom d’un héros : Clint Eastwood, Lee Van Cleef…

Il est surtout important de comprendre qu’au-delà des codes du genre, la touche personnelle des compositeurs donne un couleur particulière aux films et façonne ainsi une facette propre dans le kaléidoscope varié de la production sonore de l’époque. On passe ainsi du Sabata sautillant de Marcello Giombini au western crépusculaire d’Il Grande Silenzio, avec Klaus Kinski et Jean-Louis Trintignant se poursuivant dans l’atmosphère irréelle des montagnes enneigées de l’Utah.

Vous pouvez télécharger la session en version mixée en cliquant ICI, ou en version zip avec les titres individuels en cliquant ICI.

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TRACKLIST :

01 – ENNIO MORRICONE – My Fault (My Name Is Nobody)
02 – GIANFRANCO REVERBERI – Preparati La Bara !
03 – FRANCO MICALIZZI – Lo Chiamavano Trinita’ (The Call Me Trinity) part 1
04 – ENNIO MORRICONE – A Gringo Like Me
05 – ARMANDO TROVAJOLI – I Lunghi Giorni Della Vendetta
06 – ENNIO MORRICONE – Il Grande Silenzio
07 – FRANCESCO DE MASI – Sartana Non Pardona
08 – LUIS BACALOV – Il Grande Duello
09 – ANGELO FRANCESCO LAVAGNINO – Sandstorm (Requiem Per Un Gringo OST)
10 – FRANCO MICALIZZI – Lo Chiamavano Trinita’ (The Call Me Trinity) part 2
11 – ANGELO FRANCESCO LAVAGNINO – Uno Straniero A Paso Bravo
12 – FRANCESCO DE MASI – Quanto Costa Morire
13 – JOHNNY PRICE – Marijuana, The Devil Flower
14 – JESSE DAVIS – Albuquerque
15 – ENNIO MORRICONE & PETER TEVIS – Pastures Of Plenty
16 – BRUNO NICOLAI – Indio Black
17 – LUIS BACALOV & ROCKY ROBERTS – Django
18 – ENNIO MORRICONE & PETER TEVIS – Notte Infinita
19 – MARCELLO GIOMBINI – E’Tornato Sabata Hai Chiuso Un’ Altra Volta
20 – LUIS BACALOV – L’Oro Dei Bravados
21 – ENNIO MORRICONE – The Return Of Ringo

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Quiconque a entendu ne serait-ce qu’une fois le splendide titre « Truth and Rights » enregistré en 1980 chez Studio One, celui-ci a alors saisi toute l’essence du génie musical de Johnny Osbourne.

C’est en effet à la fin des années 70 et au début des années 80 qu’il fait les rencontres qui vont changer sa vie et sa carrière. Après une dizaine d’années à Toronto, et quelques essais non transformés dans des groupes soul et reggae, il se décide à rentrer en Jamaïque et recroise alors le chemin de Clement Coxsone Dodd, qui l’avait déjà enregistré pour la première fois en 1969.

L’horizon s’ouvre alors pour Osbourne et la réussite musicale ne tarde pas. Avec sa voix à la fois riche et puissante ainsi que ses textes d’une grande profondeur, il marque la période du début des années 80 où le mysticisme des chanteurs s’entrechoque avec les basses surpuissantes des productions de Junjo Lawes ou King Jammy.

Les producteurs se l’arrachent et ils multiplient les titres, dont les trois qui sont présents dans cette session. En un sens, Osbourne fut le trait d’union idéal entre la conscience roots et la scène dancehall naissante. Il a su traverser les années en modelant les productions à son idéal musical et conserver une fraîcheur ainsi qu’un timbre de voix unique.

Bonne écoute à tous!

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  • JOHNNY OSBOURNE & ROOTS RADICS – Never Stop Fighting + Dub (Jah Guidance – 198X) [0:00 > 5:18] : on débute avec du lourd et une basse qui fracasse. Exemple parfait du style Osbourne : un chant aérien confronté à une production sans concession, mixant une batterie acérée et un rouleau-compresseur d’ultra-basse. Le dub est prodigieux avec un gros travail sur les filtres de basse.
  • JOHNNY OSBOURNE & PAPA TULLO – Back Off (Greensleeves – 1981) [5:18> 11:56] : pas de temps mort avec ce deuxième titre qui magnifie le chant d’Osbourne sur une production Greensleeves cette fois-ci. Mais on ne change pas une équipe qui gagne : grosse basse, batterie qui claque et clavier discret, le tout poussé très fort. La partie DJ de Papa Tullo ne vient que rajouter la cerise à un gâteau déjà bien copieux.
  • JOHNNY OSBOURNE & SOUND DIMENSION – People A Watch Me (Studio One – 197X) [11:56 > 18:30] : vous êtes chez Studio One, vous ne pouvez pas vous tromper. Couplets, refrain, choeurs et rythm guitar, le tout joyeusement emballé dans une production millimétrée de Sound Dimension. Une version plus « sage » d’Osbourne, mais écoutez bien la partie vocale sur le dub et vous sentirez toute la puissance du bonhomme.

La session peut être téléchargée en cliquant ICI.

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Tout passionné de reggae vous le dira : les années 70 furent la période où la production jamaïcaine a connu son apogée. Cette gloire est liée en grande partie à Clement Coxsone Dodd, le fondateur-manager-patriarche de l’illustre label Studio One.

Mais la réussite et l’héritage des productions Studio One doivent autant aux « têtes de gondole » que sont Horace Andy, Sugar Minott, Johnny Clarke et Burning Spear, pour ne citer qu’eux, qu’au talent des multiples musiciens qui se sont succédé à un rythme démentiel au 13, Brentford Road.

Parmi eux, figure un nom de groupe qui est resté gravé dans les vinyls produits à l’époque : le Brentford Disco Set. Assemblage aussi hétéroclite qu’éphèmère, son line-up n’a jamais été clairement précisé : on pense naturellement à Jackie Mittoo au clavier, Eric Fratter à la guitare mais aussi Vin Morgan, Leroy « Horsemough » Wallace, Bagga Walker, Cedric Brooks et Pablove Black.

Au-delà des égos et des prouesses vocales des chanteurs qui se sont succédé dans l’antre de Coxsone, ce sont définitivement ces musiciens qui ont forgé le son Studio One dont les riddims ont parcouru les décennies et alimenté versions et dub en tous genres.

Bonne écoute à tous et souvenez-vous : « Here is the number one station that rules the nation ! »

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  • JACKIE MITTOO, BRENTFORD DISCO SET & JAH STONE – Gold Streak (Studio One – 197X) [0:00 > 8:38] : on attaque avec un riddim purement Studio One, avec la patte de Mittoo aux claviers. Ça déroule efficacement, sans efforts, on pourrait rester planté devant les enceintes pendant des heures…C’était sans compter Jah Stone qui vient nous gratifier d’une version deejay d’excellent niveau.
  • RICHARD ACE & BRENTFORD DISCO SET – Mo-Bay Dub & Mo-Bay Special (Coxson – 1972) [8:38> 14:24] : le versant psychédélique de Brentford Road. Un feu roulant de basse et de bongos, interrompus par quelques nappes de claviers. Et la répétition du motif sonore qui s’insinue dans votre tête. Du grand art.
  • BRENTFORD DISCO SET – Rebel Disco (Studio One – 197X) [14:24 > 22:15] : une composition qui revient aux basiques de Studio One : une basse marquée, une batterie métronomique et des échappées de cuivres et de claviers, ponctuée par le même motif de cuivre lors des refrains. Le dub joue astucieusement sur l’écho des différents instruments, sans en rajouter des caisses.

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Quand Berry Gordy fonda le label Motown en 1959 avec en poche un prêt de 800 dollars, son unique (et ambitieux) objectif est de créer un courant musical populaire, plaisant à toutes les cultures, toutes les générations et toutes les classes de la société américaine :

« Nous n’allons pas faire de la musique black. Nous allons faire de la musique pour tous. Nous allons faire de la musique avec de belles histoires et de superbes rythmes. Nous allons écrire de grandes chansons ».

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a fonctionné. Grâce à la Motown, la musique black est devenue la musique populaire américaine de toute une génération, ainsi que des suivantes. En 1966, 75% des titres figurant dans les charts US proviennent de la Motown.

Il n’est donc pas étonnant que son héritage se soit particulièrement bien exporté. A la fin des années 60, alors que l’âge d’or soul de la Motown laisse progressivement la place à d’autres courants, à l’exemple du funk, des fans inconditionnels et des clubs en Angleterre persistent à ne vouloir écouter que les perles du « Motown sound » et autres raretés soul de l’époque des 60′s.

En 1970, le journaliste Dave Godin baptisa ce mouvement « northern soul », en référence aux régions du Nord de l’Angleterre où il fut créé.

Ce 21ème épisode des Chongamix rend hommage aux figures de ce son soul si particulier qui fit danser, et continuent à faire danser, des millions de fans à travers le monde.

Sans nostalgie, ni passéisme. Juste un témoignage respectueux et reconnaissant pour des orfèvres de la mélodie chaloupée, du déhanchement de bassin et du riff de guitare ravageur. Bref, tout ce qui nous fait mettre un disque sur une platine, chaque jour : le plaisir de partager à plusieurs du bon son qui apaise l’âme et fait frétiller les pieds…

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TRACKLIST :

01 – STORMY – The Devastator
02 – SAMMY DAVIS Jr. – You Can Count On Me
03 – NOLAN PORTER – If I Could Only Be Sure
04 – THE IMPALAS – Speed Up
05 – THE CONTESSAS – I Keep Up Keeping On
06 – FREDDIE HOUSTON – Soft Walkin’
07 – LARRY WILLIAMS & JOHNNY WATSON – Too Late
08 – MARLENA SHAW – Let’s Wade In The Water
09 – THE RADIANTS – I’m Glad I’m The Looser
10 – THE SPARKELS – Try Love (One More Time)
11 – THE EXITS – Under The Street Lamp
12 – INTERLUDE – Every Boy & Girl
13 – RITA & THE TIARAS – Gone With The Wind
14 – DON THOMAS – Come On Train
15 – RONNIE & ROBYN – Step Into My Heart
16 – THE PRECISIONS – A Place
17 – THE ASTORS – In The Twilight Zone
18 – LEE MOSES – Reach Out
19 – REGGIE GARNER – Hot Line
20 – WILLIS WOOTEN – Your Love Is Indescribably Delicious
21 – INTERLUDE – Things Could Be Better
22 – THE TYMES – Street Talk
23 – TONY CLARKE – Landslide
24 – THE CHANDELIERS – Fading Day
25 – THE ACTION – Land Of A Thousand Dancers
26 – MAJOR LANCE – My Girl (Live At The Torch)
27 – LEE SHOT WILLIAMS – You’re Welcome To The Club

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Comme promis, voici la deuxième partie de cette série de sessions 12 inch consacrées à l’illustre Dennis Brown.

Je dois avouer que la richesse de ses différentes productions nécessiterait encore plusieurs sessions, mais on va varier un peu les plaisirs la prochaine fois, histoire de ne devenir totalement monomaniaque !

Voici donc la sélection de trois titres que je vous propose, et je vous préviens tout de suite : ça attaque dur !

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  • DENNIS BROWN – Man Next Door (Joe Gibbs Disco 12′ – 1979) [0:00 > 5:47] : une version splendide du titre de John Holt, popularisé par Horace Andy et Massive Attack. La voix de Dennis Brown y est tout simplement sublime, ainsi que les choeurs qui l’accompagnent sur les refrains. Le dub est à la hauteur des productions de Joe Gibbs, autant dire de très haut niveau.
  • DENNIS BROWN – Due Season (Joe Gibbs Music – 1981) [5:47 > 10:30] : on enchaîne sur un morceau plus classique où Dennis Brown pose sa voix de velours sur un riddim roots porté par une basse surpuissante, qui dévoile son caractère devastateur sur le dub.
  • DENNIS BROWN – Running Around (Solomonic – 1973) [10:30 > 17:09] : rien à sert de courir, avec Dennis Brown, il vous rattrape toujours avec son talent, qu’il démontre une nouvelle fois sur cette production qui, pour une fois, ne sort pas des studios de Joe Gibbs. Ecoutez-moi cette partie à partir de 11:45, qui monte en puissance jusqu’à 12:14…c’est du tout bon !

La session peut être téléchargée en cliquant ICI.

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