12 Inch Session #7 – Studio One Special

Septième partie des sessions 12 inch avec cette fois-ci un hommage au mythique studio du 13 Brentford Road : Studio One. Mais qu’il est difficile de ne retenir que trois titres pour cette seule session : vous pouvez donc vous attendre à ce que la prochaine session continue de tracer le sillon inépuisable du label de Sir Coxsone…

Vous pouvez télécharger la session en cliquant ICI.

Au programme aujourd’hui :

LARRY MARSHALL – Run Babylon : une intro massive avec la voix puissante de Larry Marshall et des choeurs profonds, encadrés de près par un riff de guitare groovy et quelques notes d’un orgue nasillard. Le titre se déploie ensuite dans une version dub qui révèle en arrière plan une piste de bongos. Efficace et puissant.

JUDAH ESKENDER TAFARI – Just Another Day : les lecteurs habituels de ce blog connaissent ma passion pour ce chanteur méconnu, mais étonnamment talentueux. Cete version 12 inch le prouve une nouvelle fois, car tout y est : mélodie impeccable, instrumentation chaloupée et chant quasiment irréel. A noter des choeurs masculins particulièrement bien placés et la version dub qui dévoile la richesse des cuivres. Mystique et envoûtant.

LLOYD & DEVON – Push Push : si Studio One avait été téléporté à Memphis, voilà sûrement ce qui serait sorti de ses enceintes. A la limite entre le reggae et la soul, ce titre est presque disco dans sa version dub. Très belle impro de sax sur le dub. Apaisant et harmonieux.

The RZA Presents Afro Samurai – The Soundtrack (Koch – 2007)

Pour garder intacte l’image du compositeur inspiré de la bande son de Ghost Dog (1999), on avait laissé un temps RZA à ses chemins de traverse musicaux. Ainsi, ces efforts en solo (que ce soit sous le pseudonyme de Bobby Digital ou Prince Rakeem) ne nous avaient guère convaincus.

Je dois avouer qu’avec la découverte de la bande son d’Afro Samurai, j’ai du réviser mon jugement. Cette bande son conçue pour un film d’animation (diffusé récemment sur Canal+ mais disponible à la vente en DVD) nous révèle l’essence d’un hip hop sans concession, rude et aiguisé comme un sabre. RZA renoue avec l’épure d’une sorte de code du samouraï moderne, mêlant cordes et beats ultra lourds, instrumentaux dévastateurs et featurings costauds (Q Tip, Talib Kweli pour ne citer qu’eux), atmosphères à couper au couteau et moments plus apaisés.

En moins d’une minute, avec le seul premier titre (Afro Theme), RZA renvoie la concurrence à ses kata et ses tatamis d’entraînement. Le décor est planté et le membre du Wu Tang a décidé de prouver à ses petits camarades que le hip hop pouvait véhiculer autre chose qu’une pose bling bling et des poulettes au bord d’une piscine.

L’âme de ce disque réside dans les instrumentaux qui, comme dans la version japonaise de la BO de Ghost Dog, expriment toute la virtuosité de RZA et sa capacité de créer une atmosphère quasi irréelle en quelques secondes seulement. L’ajout de dialogues tirés du film vient renforcer ce sentiment.

Le disque n’est certes pas exempt de critiques : ainsi, certains titres un peu R’n’B, limite guimauve, viennent remplir des quotas de sentiments à bon compte pour un public teenager très nettement visé. Après tout, ce sont eux en majorité qui lisent les manga et regardent les films d’animation japonais.

Mais ces quelques rares incartades ne diminuent en rien la qualité globale de la BO qui reste très largement au dessus du niveau moyen des productions hip hop. En mélangeant sa passion des rythmes urbains à une culture imprégnée d’art oriental, RZA nous prouve une nouvelle fois depuis le gigantesque Ghost Dog que le hip hop est capable de prendre des chemins de traverse aussi créatifs que novateurs. La plasticité de cette forme musicale ne semble ainsi limitée que par la seule volonté et le talent de ses producteurs, qu’ils habitent les Etats-Unis, la Côte d’Ivoire ou le Kenya…

Trois titres pour vous faire connaître l’ « expérience » Afro Samurai :

THE RZA – Certified Samurai (feat. Talib Kweli, Lil Free & Suga Bang) : si vous entendez un beat plus hardcore que ça, prévenez-moi ! Les trois featurings chevauchent cette instru parfaite qui cloue sur place l’auditeur dès le troisième titre du disque…

THE RZA – Afro Father Fight (instrumental) : de la wah wah en veux-tu en voilà, une basse aux aguets et voilà un instru qui  vous plonge en 1:23 dans un espace temps perdu entre Shaft, Bullit et les Sept Samouraïs.

THE RZA – Who Is Tha Man (feat. Reverend William Burk) : un titre lancinant et dépouillé, basé sur un sample que je crois reconnaître, mais je n’ai pas encore trouvé d’où il était tiré : je penche pour du Terry Callier ou du Jon Lucien (pour la voix). Si vous l’avez reconnu, merci de me laisser un commentaire !

Ces musiques qui hantent mes jours (et mes nuits)…

Avant tout, merci à tous ceux qui m’ont envoyé des mails ou ont laissé des commentaires suite à la diffusion du septième épisode des Chongamix. Vos remarques et encouragements m’ont beaucoup touché, comme toujours, mais je tenais une nouvelle fois à vous remercier pour votre fidélité qui m’oblige à chaque fois à mettre la barre un peu plus haut. Merci infiniment.

L’été arrivant, les chroniques s’espacent un peu et j’en profite pour vous faire part, un peu dans le désordre, des musiques qui me trottent dans la tête ces dernières semaines.

Tout d’abord la bande son du dernier Tarantino, Death Proof, qui est comme d’habitude abracadabrantesque. Ce type a le don de ciseler des BO qui : 1/ colle parfaitement aux images, ce qui est plutôt pas mal pour une BO; 2/ déterrent des sons que l’on croyait pour toujours perdus pour la communauté; 3/ engendrent dès leur sortie une passion inextinguible. J’en veux pour preuve quelques titres qui sont tout simplement géniaux :

SMITH – Baby It’s You

THE COASTERS – Down In Mexico

Et puis il y a cette reprise du hit de Stevie Wonder par Ray Barretto, qui passe en boucle sur Nova et maintenant dans ma tête. 8 minutes vraiment exceptionnelles pour vous mettre en condition pour l’été.

RAY BARETTO – Pastime Paradise