Le label Strut a encore frappé un grand coup. Non contents de produire déjà la crème de la crème des compilations (Lagos 70′s, Calypsoul, etc…), ils se sont lancés depuis environ un an dans un projet aussi dantesque qu’ambitieux : permettre à de jeunes talents actuels de faire un album avec leurs idoles musicales.

La série Inspiration & Information a ainsi déjà permis à Amp Fiddler de rencontrer les mythiques Sly & Robbie et à Ashley Beedle de croiser le fer avec le falsetto intemporel du génial Horace Andy.

Si l’exercice est loin d’être facile et les croisements d’influence souvent créateurs de sons hybrides plus ou moins heureux, le troisième volume de cette série risque fort de démentir la régle.

Puisant dans le revival du jazz éthiopien initié par la magnifique série de compilations Ethiopiques du label français Buda, Strut a décidé de faire se rencontrer le Negus du genre, Mulatu Astaske, et un combo éclectique dénommé The Heliocentrics.

On ne présente plus Mulatu Astatke. Avec Mahmoud Ahmed, il représente ce que la musique éthiopienne a produit de plus enivrant et hypnotique, mêlant une culture musicale ancestrale à des influences groovy, jazz et rock. Premier étudiant africain ayant intégré le célèbre Berklee Music College, il parfait sa découverte des musiques contemporaines grâce à plusieurs années d’études à Londres, Boston et New-York. Revenu en Ethiopie, il n’a de cesse de croiser les influences en contribuant à la richesse de la scène musicale locale qui se développe dans les années 60 et 70. Grâce au film Broken Flowers de Jim Jarmusch, il revient sur le devant de la scène et de nouvelles opportunités de concerts et de productions se présentent à nouveau à lui.

C’est ainsi que la renconte avec The Heliocentrics s’est faite. The Heliocentrics, c’est une sorte de big band à forme souple, qui englobe tous les musiciens qui gravitent dans la sphère des labels Stones Throw et Now Again. On y retrouve Malcom Catto, vétéran de l’écurie Mo’Wax et génial batteur des productions les plus abouties de DJ Shadow, Madlib et The Herbaliser. On y trouve également un joueur d’oud, de guitare thaïe (?) et un certain Jack Yglesias qui joue du santur, une sorte de cithare trapézoïdale à 72 cordes…C’est vous dire l’éclectisme du groupe : on y croise Ennio Morricone, James Brown et David Axelrod dans un joyeux délire d’avant-garde jazz mêlant spiritualité et musiques ethniques.

Le résultat est un disque absolument magnifique. Il permet non seulement de rendre à Mulatu Astatke un hommage pour l’ensemble de son oeuvre, reconnaissant ainsi l’énorme influence qu’il a eu, au-delà même des frontières d’Addis Abeba. Il permet surtout de montrer la vitalité et la créativité d’une musique croisant les influences aussi improbables que des beats de batterie hip hop, un sax brodant sur une mélodie orientalisante et un piano jazzy. C’est groovy, c’est frais, ça ne sent pas le revival moisi, c’est dansant et c’est encore sacrément à l’avant-garde…

A ne pas rater le 11 avril prochain, à partir de 20h au Nouveau Casino, à Paris : plus d’informations ici.

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En bonus, deux vidéos du concert au Cargo à Londres en avril 2008, histoire de vous mettre l’eau à la bouche avant le Nouveau Casino : en tout cas, moi j’y serai !!!

Une réponse à “Mulatu Astatke & The Heliocentrics – Inspiration & Information (Strut – 2009)”
  1. fifa 17 points dit :

    nice going!

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