Silver Camel – Un label, une légende

Le terme underground est souvent galvaudé ou utilisé à des fins de marketing crapuleux. Mais il peut parfois prendre tout son sens, et c’est le cas avec le label Silver Camel.

Créé en Angleterre en 1977, après la fusion d’un sound system et d’un magasin de disques (Daddy Kool), il s’appuie sur une solide réputation, notamment auprès du public punk, qui est acquis à la cause du reggae. En faisant la promotion du producteur Phil Mathias et d’artistes comme Prince Far I, Jah Thomas ou Augustus Pablo, Silver Camel place rapidement ses disques dans les charts.

Mais le réel succès viendra à l’aube des années 80, avec les productions de légendes comme Alton Ellis et, de manière assez étonnante, d’albums dub de Ranking Dread et Al Campbell. A ce titre, les deux volumes des compilations-showcase « Roots Reggae Party » sont condensé parfait du style Silver Camel, marqué par des chansons oscillant entre 9 et 10 minutes, cumulant version vocal + dub + version dj + dj dub. Magnifique…

L’histoire du label se perd après dans les années 80 lorsque le son digital fait son entrée et relègue au second plan les productions plus roots. La publication en 2002 de l’album de Billy Boyo, enregistré en 1983 mais jamais sorti depuis, est l’occasion de reformer le label qui prend le nom de Silver Kamel Audio (SKA) et s’installe désormais aux Etats-Unis.

On ne peut rester qu’admiratifs devant une sélection artistique aussi pointue qu’éclectique (écoutez le « Daydreaming » d’Alton Ellis qui penche plus du côté soul que roots…) et c’est assurément ce qui fait la force de ce label, qui a su, en une poignée d’albums, réunir les meilleurs producteurs, chanteurs et musiciens. Ca donne de vrais moments de bonheur musical. Quand je vous disais underground…

Toute la discographie du label Silver Camel

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